Militons pour conserver la publicité en journée et en décrochages régionaux sur les chaînes de télé publiques! L’avenir de milliers de marques des PME françaises en dépend.

Pour financer la suppression de la publicité sur les chaînes de TV publiques, faudra-t-il lancer un “Concours Lépine des Taxes”?
Il semble bien que personne ne veuille payer la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publiques!
Les deux grandes gagnantes, TF1 et M6, renaclent à payer une taxe sur leurs revenus publicitaires et assortissent cela de conditions draconiènnes pour les futures programmations des chaînes publiques, du genre : pas de retransmissions de sports à fortes audiences, pas de séries américaines, pas de jeux, bref… “supprimez tous les programmes susceptibles de faire de l’audience et on voudra bien payer votre taxe”…
Du côté des opérateurs de téléphonie, l’idée d’être taxés un peu plus est violemment rejetée sur l’argument des énormes investissements d’infrastructure de télécommunication qui pèsent sur eux.
Augmenter la redevance ? Là c’est l’homme à l’origine de cette décision qui n’en veut pas : Nicolas Sarkozy considère que cet impôt est impopulaire et il clame depuis des mois qu’il ne veut pas y toucher…
Devant ce blocage, des parlementaires ont lancé non sans humour l’expression de “CONCOURS LEPINE DES TAXES”.
Alors, le problème reste entier, entre 1,1 à 1,2 Milliards d’euros de finacement annuel à trouver… que personne ne veut payer. Sans compter que la France est déjà championne des impôts et taxes en tous genres et que, en ce début 2008, les finances publiques sont au plus bas et l’économie à la peine…
Et si, au lieu de tout “casser”, on essayait de moduler cette décision brutale ?
Depuis l’annonce surprise de cette mesure, nous insistons sur le grave danger que fait courir cette mesure pour les petites et moyennes marques des PME qui ont un besoin “vital” de se faire connaître du grand public pour ne pas être victimes de la montée en puissance des marques de distributeurs (les MDD).
Leur enjeu est simple: soit elles bénéficient d’une demande consommateur forte et elles ont une chance de rester en rayon des hypermarchés et supermarchés, soit leurs rotations sont mauvaises et elles seront rejetées sans aucun état d’âme de la part de Messieurs MICHEL-EDOUARD LECLERC et consorts qui ne sont pas vraiment de grands sentimentaux.
Seule la publicité télévision est capable de booster fortement la notoriété et la demande consommateur! Et, justement, depuis des années ces PME peuvent accéder à la télévision de manière économique sur les écrans de journée (le “day time”) de France 2, France 3, France 5 et les décrochages régionaux de France 3.
Les chaînes de télévision publiques ont permis à des milliers de marques qui n’avaient pas les moyens de se payer les tarifs plus élevés de TF1 ou de M6, de booster leurs notoriétés avec des budgets limités. Combien de marques régionales ont pu, marche par marche, région par région, monter au niveau national grâce aux excellentes audiences des écrans publicitaires régionalisés de France 3 ? Demain, ces marques seront condamnées à ne pas pouvoir accéder au média roi, du fait des tarifs inaccessibles des grandes chaînes privées hertziennes (qui ne vont pas manquer d’augmenter, du fait de la pénurie d’espace TV…)
Après tout, pourquoi ne pas interdire la publicité sur les chaînes de télévision publiques seulement en PRIME TIME, à compter de 19 heures, et de la laisser sur les écrans de DAY TIME de 6 heures du matin à 18h30 ? Pourquoi ne pas garder les écrans régionaux de F3 ouverts à ces milliers de marques qui, sinon, auront le plus grand mal à se faire connaître du grand public ?
Ce faisant, on atténuera la difficulté à trouver des ressources pour financer la télé publique et on aidera les PME et PMI à se défendre face aux marques des géants mondiaux de leur secteur et face à la puissance étouffante de la Grande Distribution.