PME-PMI : “Sarko m’a tuer”! L’arrêt de la publicité sur les TV publiques = L’arrêt de mort des Marques des PME-PMI
Bravo ! Monsieur le Président, vous avez raison, c’est le moment de planter un poignard dans le dos des PME-PMI françaises et de les empêcher de défendre leurs Marques face aux deux énormes dangers qui menacent leur existence même : les Marques mondiales surpuissantes et les Marques d’enseignes d’hypermarchés (les MDD/Marques De Distributeurs).
Bravo ! C’est le moment de priver les Marques petites et moyennes de la seule publicité télévision aux tarifs « accessibles et raisonnables » (en publicité nationale et régionale via les seuls écrans disponibles en région de F3) qui leur permettaient de promouvoir leur notoriété et leurs produits pour les faire connaître du consommateur. Afin de tenter de résister aux « rouleaux compresseurs » des NESTLE, DANONE, L’OREAL, PROCTER& GAMBLE, UNILEVER et autres marques mondiales disposant de budgets publicitaires TV surpuissants, qui veulent s’imposer au détriment des Marques moins puissantes et riches.
Bravo ! C’est le moment en ce début 2008, marqué par des pressions et menaces d’une violence jamais atteinte de la part des Grands Distributeurs à l’égard des fournisseurs industriels (cf l’avalanche de déclarations guerrières de LECLERC par dizaines de pleines pages de pub presse ) qui refusent obstinément de répercuter l’explosion des coûts des matières premières pesant gravement sur les comptes d’exploitation des industriels. Et qui veulent en profiter pour réduire drastiquement le nombre des Marques en rayon pour imposer leurs propres marques (MDD). Travail facilité par l’ouverture de la publicité TV à la Grande Distribution… depuis début 2007.
Au moment où on accorde la publicité télévision aux chaînes d’hypermarchés on ne trouve rien de mieux à faire que de quasiment « l’interdire » aux PME-PMI !
Bravo ! C’est le moment où on a un besoin vital de relancer l’activité économique et l’emploi à tous les niveaux de l’économie, qu’on décide de livrer ces milliers de PME-PMI « pieds et poings liés » à TF1 et M6 qui pratiquent des tarifs publicitaires quasiment inaccessibles déjà aujourd’hui. Gageons que face à une « pénurie de l’offre publicitaire télé » créée par cette décision, leurs tarifs à venir vont « s’envoler » (pourquoi ces deux chaînes privées se priveraient-elles, faute de concurrence réelle ? Et qu’on ne fasse pas l’injure aux PME-PMI de leur proposer de se « rabattre » sur les petites chaînes thématiques et chaînes de la TNT incapables, pour encore quelques années, de créer un effet de demande consommateur palpable.
Depuis cette annonce brutale , les agences publicitaires, les agences médias, les annonceurs petits et moyens sont sous le choc. L’UDA (Union Des Annonceurs) vient de publier un communiqué dans lequel elle demande de reconsidérer cette décision :
(extrait) : … « Une telle mesure, si elle devait être prise de façon radicale, entraînerait la disparition immédiate de près de 25 % de l’offre d’espace publicitaire télévision et aurait une double conséquence très défavorable pour toutes les entreprises, petites, moyennes et grandes, qui ont besoin de communiquer pour promouvoir leurs produits et leurs services :
- impossibilité pour beaucoup d’entreprises d’utiliser le média télévision faute d’espace disponible suffisant sur les chaînes commerciales, même si la réglementation est assouplie, conformément à la nouvelle directive européenne en matière de publicité télévision ;
- incapacité pour un très grand nombre d’entreprises, et tout particulièrement les PME, de faire face à l’inévitable explosion des tarifs de publicité sur les chaînes commerciales… »
Alors, Monsieur Le Président, si vous voulez éviter d’assassiner des centaines de Marques petites et moyennes, prenez le temps d’écouter la voix des PME-PMI dont vous avez tant besoin pour relancer la « machine France » !
janvier 13th, 2008 at 4:02
Suppression totale de la publicité sur les chaînes de télévision publiques : la quête de Nicolas Sarkozy
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Patrick de Carolis, Président de France Télévisions qui avait réclamé fin août 2007 au gouvernement plus de publicité sur ses chaînes a dû tomber de sa chaise (de service public) à l’annonce de Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse de ce matin : « Je vais entreprendre une rénovation sans précédent de l’audiovisuel public » et « réfléchir à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques ».
Dans le même temps, Christine Albanel, Ministre de la Culture, a dû, aussi, mise devant le fait accompli.
L’attaque, virulente, s’appuie sur des reproches faiblement fondés et envisage des solutions incohérentes.
Des reproches adressés au service public faiblement fondés
« Le service public, son exigence, son critère, c’est la qualité. Sa vocation, c’est offrir au plus grand nombre un accès à la culture, c’est favoriser la création française ».
TF1, avec Julie Lescaut, Navarro et Commissaire Moulin donne en effet dans la grande qualité culturelle des productions audiovisuelles françaises. Elles pourraient servir d’inspiration à France Television…
Mais il est vrai cependant que Le groupe public n’a jamais eu un réel positionnement ; rappelons-nous les mots d’un de ses anciens président, JP Elkabach : « le service public ne servira pas de cache sexe à la vulgarité » (merci 1003 citations)
« S’il existe une même logique dans les chaînes publiques et dans les chaînes privées, on ne voit pas très bien la logique ».
Nicolas Sarkozy nous refait le coup de fonctionnaire incompétent, du service public qui glandouille, de la télévision publique illogique et de piètre qualité : « Le critère du service public, c’est la qualité », ce qui par opposition signifie qu’actuellement, France Télévisions ne rime pas avec qualité. Justement, de Carolis avait demandé plus d’argent pour éviter de proposer de la « daube ».
« Je ne veux pas dire que la télévision publique doit être élitiste ou ennuyeuse. Mais seulement qu’elle ne peut pas fonctionner selon des critères purement mercantiles ».
Mais à partir du moment où l’audience quantitative sert de juge de paix pour le public et le privé, quels autres critères d’efficacité mettre en place pour valider que le service public vise autre chose que des objectifs mercantiles ? Faut-il mettre en place une énième commission d’évaluation (à l’instar de ce dont il est actuellement question pour nos ministres ?).
Et là, c’est vraiment un jugement à l’emporte-pièce, d’autant moins justifiable qu’il émane du père du filleul du concurrent principal de France Télévisions (en clair, rappelons-le, Martin Bouygues est le parrain du fils Sarkozy) et qu’objectivement, le Président ne connaît pas les obligations de service public assignées à France Télévisions. Mais en lecteurs et téléspectateurs avisés, vous pourrez consulter quelques unes ici.
Suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publique : quels impacts ?
1 - La refonte du cahier des charges des chaînes publiques Cela ne va pas se faire tout de suite, même si Christine Albanel doit présenter en février sa loi sur l’audiovisuel.
La refonte du cahier des charges sera indissociable d’une réorientation du business model des chaînes publiques : “Voici une révolution qui en changeant le modèle économique de la télévision publique changera du tout au tout la donne de la politique culturelle dans la société de communication qui est la nôtre”.
2 – De nouveaux financements pour le service public de la télévision ?
Nicolas Sarkozy refait le « coup de la taxe »
- « Une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées », qui, déjà, se montent à 10% de leur CA
- « Une taxe infinitésimale sur le chiffre d’affaires de nouveaux moyens de communication, comme l’accès à internet ou la téléphonie mobile » en sus de la taxe actuelle de 1 % de leurs revenus 3G et GSM. Mais si les FAI et les opérateurs mobiles sont taxés, qui va in fine payer l’addition ? Le consommateur ! Et pourquoi taxer à nouveau une “industrie” qui est présentée comme stratégique pour le développement de la France ?
Dans le climat inflationniste actuel et la concurrence internationale virulente, nous nageons en pleine incohérence !
- « Une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées ».
Mais avant de recueillir 850 millions d’€ de taxes (soit les recettes publicitaires actuelles de France Télévisions), quelques années vont s’écouler (sauf à réaliser un… Téléton ?), ou bien Nicolas Sarkozy a oublié de nous dire que, finalement, il penche pour une augmentation de la redevance, contrairement au point de vue qu’il défendait jusqu’alors : le gouvernement s’est opposé en fin d’année à une augmentation de la redevance pourtant souhaitée par certains députés et sénateurs.
Le citoyen devra ainsi financer plus fortement le service public dont une partie des ressources aura été réorientée vers le privé qui s’en félicite.
Suppression de la publicité sur les chaînes du service public : les chaînes privées se frottent les mains
Comme les supports disponibles se réduiront de facto suite à cette mesure, les chaînes privées bénéficieront de la réorientation quasi mécanique d’au moins la moitié des dépenses vers leurs supports. Comme les espaces publicitaires sont déjà pleins à plus de 90%, une hausse des tarifs publicitaires serait donc à prévoir (il n’est pas certain que ce soit du goût des annonceurs). Mais on peut aussi envisager que les chaînes privées demandent une seconde coupure (couplet déjà joué depuis quelques années)…
Quoiqu’il en soit, les actionnaires des deux principales chaînes privées ont bien et très rapidement compris l’opportunité que pourrait comporter la suppression totale de la publicité sur les chaînes de télévision publiques : à la Bourse de Paris, les actions TF1 et M6 Métropole TV décollaient mardi, après l’annonce par le président Nicolas Sarkozy qu’il souhaitait “réfléchir à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques” de télévision. A 10H55 (09H55 GMT), TF1 prenait 8,38% à 18,10 euros, et M6 Métropole TV 6,86% à 17,60 euros, tandis que le marché parisien gagnait 0,84%. Bouygues, maison mère de TF1, prenait 3,24% à 54,09 euros. Ma source. La hausse du titre tombe à point nommé : avant cette annonce, le titre TF1 avait touché mardi matin son plus bas niveau depuis mars 1999, et M6 son plus bas depuis mars 2003… Loin de nous l’idée d’y voir en filigrane un éventuel délit d’initiés.
Cette digression (?) de sept minutes éclipse la rénovation de « l’audiovisuel extérieur » et un possible regroupement de ce dernier avec France Télévisions dans un espace pouvant nommé France Monde (incluant les moyens de TV5, France 24 et Radio France Internationale) diffusant en français (pour toucher les populations non francophones, cela me paraît fondé…) alors que France 24 diffuse actuellement en français, anglais et arabe. Un regroupement qui, comme toute “fusion” entraîne son lot de laissés-pour-compte : il se pourrait que certaines chaînes du service public de télévision disparaissent…
Avec ce double coup de grisou, France Télévisions risque l’ensevelissement et l’audiovisuel extérieur, que l’on voulait à la hauteur de la BBC, l’enterrement. De deuxième classe. Particulèrement pour les salariés de France Télévisions, victimes colatérales.
Malgré tout, bonne année Martin Bouygues, bonne année Nicolas de Tavernost !
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Serge-Henri Saint-Michel, planneur stratégique free lance
http://www.marketing-agora.fr/
janvier 17th, 2008 at 11:23
je me permets d’insister : pourquoi pousser votre billet sur Marketing Agora et ne pas accepter le mien en retour ?
L’article est ici :
http://marketing-agora.fr/marketing_blog/index.php/suppression_publicite_chaines_services_public_france_televisions_sarkozy_carolis_20080108.html